Une rencontre rare

« La cuvée Brut Nature 2006 est une rencontre : celle d’un terroir historique avec une année remarquable, celle d’une Maison à l’écoute de la nature avec un grand créateur, un homme libre. »
— Frédéric Rouzaud, Directeur Général de la Maison Louis Roederer

Vérité

L’écoute de la nature conduit à mettre en valeur la singularité de chaque parcelle. Cette démarche de Louis Roederer rejoint un principe cher à Philippe Starck : la vérité.
La récolte de chaque parcelle est pressurée puis vinifiée séparément. Au fil des mois, le vin est dégusté et étudié par les œnologues. Ils disposent ainsi d’une large palette aromatique qui leur permet, avec une vraie richesse de choix, de procéder aux assemblages sous la houlette de Jean-Baptiste Lécaillon, le Chef de Caves. Cette recherche d’authenticité correspond au souhait de Philippe Starck de collaborer à une cuvée singulière, juste, « honnête ». Ensemble, ils décident de s’inspirer des vins de rivière afin de créer un champagne très terroir, sec, sans la moindre fioriture. C’est ainsi que tout est mis en œuvre pour produire, sur des parcelles de Pinot noir orientées au sud, des raisins susceptibles d’une grande maturité, afin d’obtenir une matière qui aura à peine besoin d’être corrigée.

Terroir

Brut Nature 2006 est né ici, sur l’un des terroirs du Domaine Louis Roederer, un vignoble conduit patiemment par les vignerons et les œnologues de la Maison. Leur attention n’est pas un vain mot : elle est une vision du vin qui conduit à pratiquer une viticulture « sur mesure » et, depuis une dizaine d’années, à accorder une place grandissante aux principes de la biodynamie. Basée sur l’observation de la plante et de son environnement, cette méthode veille à respecter les caractéristiques de chacune des 410 parcelles du vignoble Louis Roederer, à en préserver l’originalité, mais aussi à la cultiver en travaillant l’amendement du sol, la taille, le feuillage, l’exposition du raisin au soleil… Cet esprit d’exigence, qui met sur un pied d’égalité recherche et respect du terroir, est à l’image de la philosophie de Louis Roederer : celle d’une Maison de Champagne indépendante, résolument attachée à la terre. En témoignent ses vins : droits, purs, véritablement ciselés dans les arômes de chaque parcelle.

Millésime

Les années se suivent et ne se ressemblent pas. Ainsi en va-t-il du climat champenois qui, parfois, donne des vendanges d’une maturité et d’une saveur rares. L’année 2006 est inattendue à plus d’un titre. Après un automne 2005 doux, l’hiver s’annonce très froid dès le mois de novembre. De janvier à avril, la température reste très basse, tardant à laisser le printemps faire son œuvre. Celui-ci débute en retard, marqué par quelques épisodes de gel puis de longues semaines de pluie. Elles gorgent le sol d’eau et permettent au vignoble de résister à un mois de juillet caniculaire, ponctué de violents orages, où la Champagne enregistre des records de chaleur. Mais ceux-ci sont suivis en août par des journées exceptionnellement fraîches et pluvieuses. Elles s’effacent en septembre, balayées par un climat ensoleillé et sec. À l’heure des vendanges, cette alternance de contrastes et d’ensoleillements aux moments clés de la maturité du raisin donne une récolte exceptionnelle et très prometteuse.

Générosité

À l’issue de son élaboration, un champagne est complété par une liqueur de dosage. Cependant, si le millésime le permet, certains le sont très peu, voire pas du tout. Assemblé puis mis en bouteille, le vin développe son bouquet dans l’obscurité des caves pendant plusieurs années. Remué régulièrement, il devient clair en rassemblant les dépôts dans le col de la bouteille. Lorsqu’on les élimine, la petite quantité de vin fatalement perdue au cours de cette opération est remplacée par la « liqueur de dosage ». Composée de sucre et de vins de réserve, elle doit rester fidèle au terroir. Si les champagnes Louis Roederer sont peu dosés (9 à 10 grammes par litre), il est des millésimes qui n’ont aucun besoin de cet apport de sucre. Pour Philippe Starck c’est une évidence : « le champagne ne peut être que non dosé. »
En 2006, les Pinots noirs du terroir de Cumières se révèlent d’une maturité, d’une profondeur et d’une texture exceptionnelles. Leur caractère fruité et généreux conduit le Chef de Caves à « se laisser guider par la nature » et, par conséquent, à ne pas doser. Ces raisins constitueront le cœur de ce nouveau vin concocté avec Philippe Starck. La cuvée Brut Nature 2006 est née.

Nature

La cuvée Brut Nature 2006 élaborée par Louis Roederer et Philippe Starck adopte un parti-pris fort : celui d’un vin qui laisse parler le terroir, comme s’il en avait capturé l’esprit.
Celui de Cumières livre des Pinots noirs d’une grande vinosité (sans fermentation malolactique), intenses, avec des notes légèrement épicées, typiques du village. C’est cette maturité exceptionnelle qui a naturellement conduit à ne pas doser cette cuvée. Paraphée par quelques Chardonnays, elle révèle un vin ample, élégant, d’une grande pureté, dont la structure onctueuse et veloutée s’associe à la belle fraîcheur et à l’énergie du fruit caractéristiques des champagnes Louis Roederer. Finement travaillée – la pression n’excède pas 5 kilos –, la bulle se fond dans la matière. Pour Jean-Baptiste Lécaillon, c’est un vin à servir à 13° en fin d’après-midi lorsqu’on a besoin de fraîcheur, en apéritif pour s’aiguiser le palais, ou bien en fin de repas, pour en savourer l’opulence.

Le terroir de cumières

Liberté

Philippe Starck a choisi une capsule brute, sans peinture, et voulu une coiffe en étain exempte de toute inscription, dont la nuance de gris évoque l’élégance et la vérité de la cuvée. Quant à l’étiquette, elle emploie un papier d’inspiration japonaise qui résiste à l’eau, et peut être imprimé et embossé. Pourquoi ? Afin que les mots les plus importants apparaissent en couleur et que les autres soient simplement gravés, comme une évocation. Ensemble, ils composent une phrase qui raconte l’histoire: « C’est un champagne Brut Nature Millésimé élaboré en 2006 par Louis Roederer et Philippe Starck à Reims, en France. » L’élégance – revendiquée – du minimum.

Rencontre avec Frédéric Rouzaud et Philippe Stark

« Le sujet de la bouteille de Brut Nature 2006, c’est ce qu’il y a à l’intérieur.
Et l’intérieur était tellement fort qu’il fallait faire
une bouteille dépouillée de toute scorie. »
— Philippe Starck, Créateur